Laissez-moi vous raconter l'histoire de la chèvre de ma grand-mère. Un samedi soir, la fameuse chèvre est tombée malade. Empoisonnement ou mauvaise herbe ? Nul ne le sait. Toujours est-il que le dimanche matin, ma grand-mère m'a dit : « Prends cette chèvre et va l'enterrer dans la forêt. » Mais emporter une telle viande pour la donner aux vers de terre ? Ah non ! J'ai caché la chèvre dans les sous-bois et j'ai couru alerter tous les copains du village : « Venez, j'ai une chèvre ! On va faire une grande cuisine ! » Nous voilà donc au milieu de la forêt, affairés autour du feu. Très vite, voyant une belle fumée s'élever au-dessus des arbres, les curieux et les passants sont venus voir ce qui se préparait. Quelle surprise pour eux de découvrir toute la jeune génération réunie en train de festoyer ! « Mais d'où vient cette viande ? » nous ont-ils demandé. J'ai répondu sans trembler que c'était la chèvre de ma grand-mère, et qu'elle...
Je dois vous faire un aveu : j'aime profondément mes amis. Ils sont drôles, brillants, généreux... mais ils ont un rapport très personnel avec les aiguilles d’une montre. En fait, ils souffrent tous d'une maladie chronique qu'on appelle l'optimisme maladif. Le retardataire n'est pas méchant, il est juste persuadé qu'il vit dans un monde de super-héros où les lois de la physique ne s'appliquent pas. Dans sa tête, le métro va l'attendre les portes ouvertes, les feux tricolores vont tous passer au vert sur son passage, et le trajet entre sa cuisine et notre point de rendez-vous prendra scrupuleusement deux minutes quarante-deux. Même un samedi soir de finale footballistique. C’est ainsi qu’on se retrouve à décoder vos messages. Quand je reçois le fameux sms « J’arrive dans cinq minutes », mon logiciel de traduction interne s’active immédiatement. Je sais pertinemment que mon ami est en réalité encore en caleçon, en train de chercher ses clés sous les cous...